{"id":132,"date":"2023-07-12T23:06:00","date_gmt":"2023-07-12T21:06:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lepointdepolgara.fr\/?p=132"},"modified":"2023-07-13T22:23:37","modified_gmt":"2023-07-13T20:23:37","slug":"iki","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lepointdepolgara.fr\/index.php\/2023\/07\/12\/iki\/","title":{"rendered":"Iki"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Cette chronique a \u00e9t\u00e9 diffus\u00e9e dans l&rsquo;\u00e9mission \u00ab\u00a0Chroniques 135\u00a0\u00bb de avril 2022 propos\u00e9e par le podcast Proxi-Jeux.<\/em> <em>Elle a \u00e9t\u00e9 co-\u00e9crite avec Hammer.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Iki : A game of Edo Artisans<\/strong> &#8211; c\u2019est son titre complet &#8211; est un jeu de <strong>Koota Yamada<\/strong>, d\u2019abord sorti en 2015 via un financement sur Kickstarter, puis r\u00e9-\u00e9dit\u00e9 en 2021 par <strong>Sorry We Are French<\/strong>, cette nouvelle version \u00e9tant illustr\u00e9e par <strong>David Sitbon<\/strong>. C\u2019est un jeu pour 2 \u00e0 4 joueuses \u00e0 partir de 14 ans, pour des parties de 60 \u00e0 90 minutes.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La dynastie des Tokugawa et l\u2019\u00e8re \u201cEdo\u201d<\/h3>\n\n\n\n<p><strong>Iki <\/strong>nous invite donc \u00e0 Tokyo, enfin pas tout \u00e0 fait, car \u00e0 l\u2019\u00e9poque historique \u00e0 laquelle se d\u00e9roule le jeu, on parle encore de <em>Edo<\/em>, ce qui d\u00e9signe l\u2019estuaire de la rivi\u00e8re Sumida en japonais. Initialement, Edo est un petit village de p\u00eacheurs qui au XV\u00e8me si\u00e8cle devient la base militaire d\u2019un <em>shogun <\/em><strong>(\u5c06\u8ecd)<\/strong>, un g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019arm\u00e9e imp\u00e9riale, puis la capitale de son gouvernement. Ce shogun met en place une dynastie (les <em>Tokugawa <\/em><strong>\u5fb3\u5ddd<\/strong>) qui dirigera le Japon de 1603 \u00e0 1868. Ainsi, Edo devient la capitale politique, administrative et \u00e9conomique du Japon, et la ville d\u00e9signe aussi tout simplement la p\u00e9riode de l\u2019histoire du Japon qui nous int\u00e9resse dans cette chronique. Durant <em>l&rsquo;\u00c9poque Edo<\/em>, le village, devenu capitale des shoguns Tokugawa, qui contr\u00f4lent rapidement tout l\u2019empire, se d\u00e9veloppe et devient une des villes les plus peupl\u00e9es du monde : \u00e0 la fin du XVIII\u00e8me si\u00e8cle, elle compte d\u00e9j\u00e0 1 million d\u2019habitants.<\/p>\n\n\n\n<p>La dynastie Tokugawa est empreinte de l\u2019id\u00e9ologie n\u00e9o-confuc\u00e9enne, qui repose sur une stricte s\u00e9paration des classes sociales et une interdiction de tout signe ostentatoire de richesse. L\u2019empire est divis\u00e9 en fiefs gouvern\u00e9s par des seigneurs, les <em>daimyos<\/em> <strong>(\u5927\u540d)<\/strong>, mais les shoguns les obligent \u00e0 revenir \u00e0 Edo tous les deux ans et leurs familles doivent rester dans la capitale car elles constituent ainsi des otages ayant pour vocation d\u2019\u00e9viter les complots. Cette \u00abr\u00e9sidence forc\u00e9e\u00bb attire de nombreux marchands et artisans \u00e0 Edo qui montre une croissance d\u00e9mographique rapide. Ces <em>ch\u014dnin<strong> <\/strong><\/em><strong>(\u753a\u4eba) <\/strong>au bas de la hi\u00e9rarchie sociale, deviennent prosp\u00e8res, influents et d\u00e9veloppent rapidement une culture distincte des seigneurs : ils forment un nouveau syst\u00e8me \u00e9conomique fond\u00e9 sur le commerce.<\/p>\n\n\n\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 japonaise est conforme aux principes confuc\u00e9ens, donc tr\u00e8s hi\u00e9rarchis\u00e9e, fond\u00e9e non sur la richesse ou le capital mais sur \u00ab la puret\u00e9 morale \u00bb :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Au sommet, se trouvent l\u2019Empereur, le clerg\u00e9 et les guerriers ou <em>Samoura\u00efs <\/em><strong>(\u4f8d)<\/strong>. Les Shoguns et les daimyos poss\u00e8dent des terres et ont des \u00ab hommes liges \u00bb, de simples guerriers (vassaux). Cette classe est la seule autoris\u00e9e \u00e0 porter les armes. Pendant la p\u00e9riode Edo, les conflits et les guerres sont peu nombreux : les aptitudes au combat deviennent donc de \u00abl\u2019art\u00bb, pour ainsi dire.<\/li>\n\n\n\n<li>\u00c0 la 2\u00e8me place se trouvent les paysans : ils sont tr\u00e8s respect\u00e9s car ils produisent les denr\u00e9es vitales.<\/li>\n\n\n\n<li>Puis viennent les artisans qui produisent des biens non essentiels \u00e0 la survie.<\/li>\n\n\n\n<li>Enfin, \u00e0 la derni\u00e8re place, les marchands qui sont des interm\u00e9diaires et sont improductifs.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Les ch\u014dnin qui correspondent donc \u00e0 la bourgeoisie sont le moteur de la soci\u00e9t\u00e9 et de l\u2019\u00e9conomie japonaise. On pourrait traduire ch\u014dnin par \u201ccitadins\u201d, et les marchands et artisans sont nomm\u00e9s ainsi car ils r\u00e9sident dans les centres urbains ; ils ont un statut social inf\u00e9rieur : la doctrine confuc\u00e9enne m\u00e9prise le commerce et la possession d\u2019objets superflus et donc ceux qui les fabriquent ou les vendent ! Mais l\u2019urbanisation les enrichit, au contraire des samoura\u00efs, et cette richesse fait appara\u00eetre des conflits et des contestations de l\u2019ordre social traditionnel.<\/p>\n\n\n\n<p>Le jeu <strong>Iki <\/strong>prend vie dans la derni\u00e8re partie de l\u2019\u00e8re Edo, pendant les p\u00e9riodes Bunka et Bunsei qui s\u2019\u00e9talent de 1804 \u00e0 1830, lorsque Tokugawa Ienari \u00e9tait le 11e shogun \u00e0 d\u00e9tenir le pouvoir. C&rsquo;est une \u00e9poque o\u00f9 la distribution des marchandises a progress\u00e9, o\u00f9 la vie des citadins s&rsquo;est enrichie et o\u00f9 la culture populaire s&rsquo;est \u00e9panouie, qu\u2019il s\u2019agisse de la litt\u00e9rature avec le <em>yomihon <\/em><strong>(\u8aad\u672c)<\/strong>, l\u2019art th\u00e9\u00e2tral avec le <em>kabuki <\/em><strong>(\u6b4c\u821e\u4f0e) <\/strong>ou bien les arts graphiques avec les estampes<em> ukiyo-e<\/em><strong> (\u6d6e\u4e16\u7d75)<\/strong>. D\u2019ailleurs, vous connaissez sans doute <em>Kanagawa-oki nami-ura <\/em>(\u795e\u5948\u5ddd\u6c96\u6d6a\u88cf) de Katsushika Hokusai, \u201cLa Grande Vague de Kanagawa\u201d, qui date de cette \u00e9poque est qui est sans doute l\u2019oeuvre japonaise la plus connue au monde.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.lepointdepolgara.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/image-1247354_640.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-134\" width=\"425\" height=\"293\" srcset=\"https:\/\/www.lepointdepolgara.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/image-1247354_640.jpg 640w, https:\/\/www.lepointdepolgara.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/image-1247354_640-300x207.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 425px) 100vw, 425px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Les ch\u014dnin cr\u00e9ent ainsi leur propre art dans les diff\u00e9rents domaines culturels : peintures, affiches repr\u00e9sentant des sc\u00e8nes de la vie quotidienne citadine, des paysages ou des sc\u00e8nes \u00e9rotiques, des po\u00e9sies, des livres racontant des histoires d\u2019amour. Les divertissements sont aussi tr\u00e8s pr\u00e9sents. Le th\u00e9\u00e2tre ou Kabuki se d\u00e9veloppe : au d\u00e9but du XVII\u00e8me si\u00e8cle, ce sont des sc\u00e8nes jou\u00e9es dans les rues par des femmes, souvent des prostitu\u00e9es ; puis des th\u00e9\u00e2tres sont construits (le 1er en 1624) et seuls les hommes sont autoris\u00e9s \u00e0 se produire (eh oui ce sont les jeunes gar\u00e7ons qui jouent les personnages f\u00e9minins, d\u00e9cid\u00e9ment !). Cet art est centr\u00e9 sur des jeux d\u2019acteurs spectaculaires et codifi\u00e9s avec des maquillages tr\u00e8s \u00e9labor\u00e9s et une abondance de dispositifs sc\u00e9niques.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Les artisans de Edo<\/h3>\n\n\n\n<p>Car dans <strong>Iki<\/strong>, pas de shoguns, pas de ch\u00e2teaux et pas de samoura\u00efs. L\u2019auteur a l\u2019intention de traiter de la vie des gens ordinaires, pas de politique. Ah, mais il y a pourtant une carte qui repr\u00e9sente un samoura\u00ef, nous direz-vous : une l\u00e9g\u00e8re entorse \u00e0 l\u2019esprit du jeu, tout au plus, car les samoura\u00efs de rang inf\u00e9rieur \u00e9taient pauvres et vivaient dans des nagaya, ces maisons o\u00f9 vont se placer nos cartes artisan sur le plateau de jeu. Certaines existent encore aujourd\u2019hui et sont souvent assimil\u00e9es \u00e0 des logements insalubres, peu chers et cach\u00e9s derri\u00e8re les grands immeubles ou les maisons plus bourgeoises.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019agit donc bien avant tout d\u2019un \u201cjeu sur les artisans de Edo\u201d comme l\u2019annonce le sous-titre du jeu ; car une des priorit\u00e9s de l\u2019auteur, c\u2019est de mettre en avant toutes ces professions. Pour cela, <strong>Koota Yamada<\/strong> a notamment utilis\u00e9 les travaux du peintre et chercheur <em>Mitani Kazuma<\/em>, qui r\u00e9f\u00e9rencent&nbsp; plus&nbsp; de&nbsp; 600 m\u00e9tiers diff\u00e9rents de&nbsp; cette&nbsp; p\u00e9riode,&nbsp; minutieusement&nbsp; \u00e9tudi\u00e9s&nbsp; et magnifiquement illustr\u00e9s. Il existe de nombreux m\u00e9tiers uniques, tels que collecteur de cire d&rsquo;oreille, vendeur d\u2019<em>asagao <\/em><strong>(\u671d\u9854) <\/strong>(une fleur tr\u00e8s connue au Japon), colporteur d&rsquo;huile, op\u00e9rateur de th\u00e9\u00e2tre de papier (le <em>kamishibai <\/em><strong>&#8211; \u7d19\u829d\u5c45<\/strong>), etc. Les occupations \u00e9taient si subdivis\u00e9es que certaines personnes ne faisaient que r\u00e9parer les bols de th\u00e9 cass\u00e9s, d&rsquo;autres vendaient des bonbons et d&rsquo;autres encore ne vendaient que de l&rsquo;eau.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.lepointdepolgara.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/61ibpvn7tZL-664x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-137\" width=\"204\" height=\"314\" srcset=\"https:\/\/www.lepointdepolgara.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/61ibpvn7tZL-664x1024.jpg 664w, https:\/\/www.lepointdepolgara.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/61ibpvn7tZL-195x300.jpg 195w, https:\/\/www.lepointdepolgara.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/61ibpvn7tZL.jpg 697w\" sizes=\"auto, (max-width: 204px) 100vw, 204px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Dans le jeu, des m\u00e9tiers tr\u00e8s nombreux apparaissent donc sur les cartes que nous allons pouvoir acqu\u00e9rir et retranscrivent cette grande vari\u00e9t\u00e9. Les professions choisies sont celles qui \u00e9taient non seulement essentielles \u00e0 Edo, comme les charpentiers, les pl\u00e2triers et les fabricants de sushis, mais aussi celles qui semblaient int\u00e9ressantes \u00e0 l\u2019auteur, comme les vendeurs de piment, les pyrotechniciens et les fabricants de d\u00e9s. Les caract\u00e9ristiques des professions transparaissent dans leurs capacit\u00e9s dans le jeu. Par exemple, les charpentiers et les pl\u00e2triers \u00e9taient des artisans tr\u00e8s bien pay\u00e9s. Ce sont donc des artisans seniors dans le jeu, plus chers \u00e0 recruter mais rapportant plus de points de victoires et de mon.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Nihonbashi, le d\u00e9cor de Iki<\/h3>\n\n\n\n<p>Comme nous l\u2019apprend le pr\u00e9ambule en premi\u00e8re page de la r\u00e8gle, le d\u00e9cor dans lequel \u00e9voluent tous ces artisans est le quartier de <em>Nihonbashi <\/em><strong>(\u65e5\u672c\u6a4b)<\/strong>, le plus prosp\u00e8re de la ville et son \u00e9picentre commercial. Pr\u00e8s de la moiti\u00e9 de la population de Edo vit alors dans \u00e0 peine un cinqui\u00e8me de sa superficie totale, autour de Nihonbashi. C\u2019est \u00e0 Nihonbashi que prend fin la route du T\u014dkaid\u014d, litt\u00e9ralement la \u201croute de la mer de l\u2019est\u201d qui relie \u00e0 cette \u00e9poque Kyoto \u00e0 Edo, sur une distance d\u2019environ 500 km. Le pont de bois de Nihonbashi est d\u2019ailleurs le point de d\u00e9part des 5 routes majeures du Japon construites par la dynastie Tokugawa. C&rsquo;est le point \u00e0 partir duquel toutes les distances sont mesur\u00e9es jusqu&rsquo;\u00e0 la capitale, un peu comme le parvis de Notre-Dame-de-Paris en France. Encore aujourd\u2019hui, les panneaux d&rsquo;autoroute indiquant la distance jusqu&rsquo;\u00e0 Tokyo indiquent en fait le nombre de kilom\u00e8tres jusqu&rsquo;\u00e0 Nihonbashi.<\/p>\n\n\n\n<p>Et Nihonbashi signifie d\u2019ailleurs litt\u00e9ralement : \u201cle pont du Japon\u201d. Edo est d\u2019ailleurs une \u201cville d\u2019eau\u201d quadrill\u00e9e par de nombreux canaux artificiels, qui permettent un transport facile des marchandises. Comme il est situ\u00e9 non loin de la mer, le quartier poss\u00e8de des d\u00e9barcad\u00e8res o\u00f9 les p\u00eacheurs viennent d\u00e9poser directement leur prise du jour, qui est ensuite ramass\u00e9e par des colporteurs pour aller les vendre \u00e0 leurs clients. Pas \u00e9tonnant, donc, que vous puissiez acheter du poisson dans le jeu pour contribuer \u00e0 vos points de victoire. Cependant, \u00e0 l\u2019\u00e9poque le poisson \u00e9tait bien plus cher que le riz et les l\u00e9gumes. Pour les classes les plus pauvres, il \u00e9tait souvent inabordable.<\/p>\n\n\n\n<p>Le plateau de jeu \u2013 enfin surtout celui de la premi\u00e8re \u00e9dition de 2015 \u2013 s\u2019inspire du <em>Kidai sh\u014dran<\/em><strong> (\u7188\u4ee3\u52dd\u89a7)<\/strong>, un rouleau peint en 1805, de plus de 12 m\u00e8tres de long, qui repr\u00e9sente le quartier de Nihonbashi et la foule qui s\u2019y presse, et d\u00e9peint les habitants d\u2019Edo de mani\u00e8re tr\u00e8s vivante, ce \u201cvrai Japon\u201d que <strong>Koota Yamada<\/strong> voulait exprimer dans son jeu. Cette \u0153uvre fut d\u00e9couverte par hasard dans un grenier \u00e0 Berlin en 1995, sans que l\u2019on sache comment elle y \u00e9tait arriv\u00e9e. Elle est d\u00e9sormais conserv\u00e9e au mus\u00e9e d\u2019art asiatique dans la capitale allemande.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"400\" height=\"255\" src=\"https:\/\/www.lepointdepolgara.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/edo-400x255-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-150\" srcset=\"https:\/\/www.lepointdepolgara.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/edo-400x255-1.jpg 400w, https:\/\/www.lepointdepolgara.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/edo-400x255-1-300x191.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Chaque classe sociale vit dans des quartiers distincts, et Nihonbashi est donc celui des ch\u014dnin, qui vivent dans des <em>nagaya <\/em><strong>(\u9577\u5c4b)<\/strong>, ce qui veut dire \u201clongue maison\u201d en japonais. Ce sont des complexes d\u2019habitations de 2 logements ou plus. Ces maisons mitoyennes \u00e0 1 ou 2 \u00e9tages sont divis\u00e9es en \u201cappartements\u201d \u00e0 louer qui comportent une chambre et une cuisine et dont le sol est en terre battue. Le puits et les toilettes sont partag\u00e9s. Les locataires sont le plus souvent des c\u00e9libataires qui travaillent comme apprentis pour des ma\u00eetres artisans ou des marchands, les propri\u00e9taires de ces complexes. Chaque appartement a une entr\u00e9e sur des ruelles donnant acc\u00e8s aux grandes rues.<\/p>\n\n\n\n<p>Les magasins se trouvent \u00e0 l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 de ces complexes qui se situent sur les axes principaux ; les propri\u00e9taires vivent avec leurs familles dans les pi\u00e8ces adjacentes des boutiques. Tout cela est d\u2019ailleurs assez bien repr\u00e9sent\u00e9 dans IKI, avec les boutiques qui donnent effectivement sur la rue, alors que vous installez vos artisans dans les arri\u00e8re-salles.<\/p>\n\n\n\n<p>Les ch\u014dnin form\u00e8rent rapidement des guildes groupant les diff\u00e9rentes activit\u00e9s. Ces kumi (corporations) avaient pour but de d\u00e9fendre leurs int\u00e9r\u00eats puisqu\u2019ils \u00e9taient en butte au m\u00e9pris des samoura\u00efs et \u00e0 la jalousie des shoguns. Les adh\u00e9rents versaient une taxe tous les ans et offraient des pr\u00e9sents au gouverneur de Edo !! Les maisons de commerce \u00e9taient r\u00e9gies par des codes de conduite stricts afin de faire honneur \u00e0 leurs professions : diligence, honn\u00eatet\u00e9, loyaut\u00e9. ! Ces \u201cqualit\u00e9s\u201d commerciales ont jou\u00e9 un r\u00f4le-cl\u00e9 dans le d\u00e9veloppement des produits culturels japonais. Les professions \u00e9taient h\u00e9r\u00e9ditaires ; une fille de marchand \u00e9pousait un fils de marchand, pareil pour les artisans. Les jeunes gar\u00e7ons devenaient apprentis \u00e0 10 ans. Ils \u00e9taient le plus souvent apparent\u00e9s \u00e0 leur patron ou mari\u00e9s \u00e0 un membre de sa famille. Ils \u00e9taient nourris et log\u00e9s dans les nagaya et au bout de 20 ans, leurs patrons pouvaient leur donner \u00e0 g\u00e9rer une filiale dans d\u2019autres r\u00e9gions du Japon ou d\u2019Asie de l\u2019Est.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Les incendies<\/h3>\n\n\n\n<p>Il faut maintenant parler du sujet qui f\u00e2che dans le jeu, ces \u00e9v\u00e9nements dont on ne sait \u00e0 l\u2019avance qui en seront les victimes, et qui pourraient bien r\u00e9duire en cendres votre th\u00e9\u00e2tre kabuki construit \u00e0 grand peine : les incendies. Avec sa concentration dense de maisons en bois, le feu se propageait facilement \u00e0 Edo, et ce n\u2019est pas un hasard s\u2019il y a un dicton qui perdure aujourd\u2019hui et qui dit que \u201cle feu et la dispute sont les fleurs d&rsquo;Edo\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Entre 1601 et 1867, Edo sera ravag\u00e9 par 49 grands incendies. Si on inclut aussi les feux plus petits, ce ne sont pas moins de 1800 incendies que l\u2019on peut r\u00e9pertorier pendant cette p\u00e9riode. \u00c0 mesure que s&rsquo;accro\u00eet la population, Edo prosp\u00e8re et le nombre d&rsquo;incendies augmente proportionnellement. En particulier, les 17 ann\u00e9es entre 1851 et 1867 connaissent 506 incendies, auxquels contribue fortement l&rsquo;instabilit\u00e9 de l&rsquo;ordre public caus\u00e9e par l&rsquo;administration inefficace du shogunat Tokugawa.<\/p>\n\n\n\n<p>Au cours de l&rsquo;\u00e9poque d&rsquo;Edo, le feu est un \u00e9l\u00e9ment indispensable de la vie quotidienne. Il est utilis\u00e9 pour la cuisson et l&rsquo;\u00e9clairage, ce qui en retour donne lieu \u00e0 des accidents. Les incendies volontaires, d\u00fbs \u00e0 des motifs divers, sont une autre source de sinistres. En particulier, il est \u00e9tabli que certains incendiaires mettaient le feu pour se livrer \u00e0 des pillages en profitant de la panique g\u00e9n\u00e9r\u00e9e par le feu.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces incendies \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition m\u00e8neront \u00e0 une institutionnalisation de la lutte contre le feu, <em>hikeshi <\/em><strong>(\u706b\u6d88) <\/strong>en japonais. \u00c9tablissement de corps de pompiers sp\u00e9cialis\u00e9s dans la protection de tel ou tel b\u00e2timent (comme les mausol\u00e9es, les sanctuaires ou les greniers \u00e0 riz), construction de tours de guet, traque des pyromanes : pas \u00e9tonnant que cet aspect soit tr\u00e8s pr\u00e9sent dans le jeu tant il l\u2019\u00e9tait dans la vie des habitants d\u2019Edo.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Tobishoku \u00e9taient des professionnels de la construction, qui conseillaient sur la pr\u00e9vention contre les incendies, en raison de leurs connaissances techniques. Ils \u00e9taient aussi charg\u00e9s de la lutte contre les incendies \u00e0 Edo. En effet, la principale m\u00e9thode de lutte contre les incendies ne consistait pas \u00e0 \u00e9teindre le feu, mais \u00e0 d\u00e9truire rapidement les b\u00e2timents. \u00c0 l&rsquo;\u00e9poque, il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;outils pour apporter de l&rsquo;eau en continu et il \u00e9tait difficile d&rsquo;\u00e9teindre un incendie. L&rsquo;accent \u00e9tait donc mis sur la destruction rapide des b\u00e2timents afin d&#8217;emp\u00eacher la propagation du feu. Apr\u00e8s tout, la meilleure fa\u00e7on de se renseigner sur la destruction d&rsquo;un b\u00e2timent est de demander aux personnes qui l&rsquo;ont construit ! Comme les Tobishoku connaissaient bien la structure des b\u00e2timents et pouvaient se d\u00e9placer sans h\u00e9siter de toit en toit, des organisations de lutte contre les incendies se sont form\u00e9es autour d&rsquo;eux.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L\u2019iki<\/h2>\n\n\n\n<p>\u00c0 ce stade de cette chronique, on peut se demander quel est ce concept qui donne son nom au jeu : l\u2019iki. Comme bon nombre de concepts typiquement japonais, il n\u2019est pas facile de trouver d\u2019\u00e9quivalent imm\u00e9diat dans notre culture occidentale. Iki, c\u2019est un terme qui fait r\u00e9f\u00e9rence au sens esth\u00e9tique issu de la vie des gens du peuple. <strong>Koota Yamada<\/strong> a dit lui-m\u00eame que le mot \u00ab\u00a0Iki\u00a0\u00bb semble avoir une signification similaire \u00e0 \u00ab\u00a0chic\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0coquet\u00a0\u00bb en fran\u00e7ais, mais qu\u2019il s&rsquo;agit d&rsquo;un mot typiquement japonais, difficile \u00e0 expliquer. C&rsquo;est un mot qui signifie sophistication, flirt et r\u00e9signation. Comme le mot fran\u00e7ais \u00ab\u00a0Esprit\u00a0\u00bb, c&rsquo;est peut-\u00eatre un mot qui englobe l&rsquo;histoire et la culture.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est en tout cas avec le d\u00e9veloppement de la bourgeoisie des ch\u014dnin que se d\u00e9veloppe \u00e9galement l\u2019Iki, une notion d\u2019esth\u00e9tique qui d\u00e9fend un id\u00e9al de sophistication naturelle cr\u00e9\u00e9 en r\u00e9action \u00e0 l\u2019id\u00e9al des samoura\u00efs. En effet, les samoura\u00efs fondent leur morale sur les valeurs guerri\u00e8res, une certaine morgue militaire et la philosophie confuc\u00e9enne qui interdit de consommer et de montrer sa richesse. Les ch\u014dnin ont donc cr\u00e9\u00e9 leur propre culture : l\u2019IKI, imprimant leur marque dans la culture japonaise.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Iki, c\u2019est le refus de la vulgarit\u00e9, qui se manifeste par un certain d\u00e9tachement des choses terrestres, une forme d\u2019\u00e9l\u00e9gance en privil\u00e9giant la discr\u00e9tion, le sens de l\u2019urbanit\u00e9, une pr\u00e9f\u00e9rence pour l\u2019ombre avec l\u2019amour des couleurs sombres (comme le violet) et le go\u00fbt des saveurs \u00e2pres. Il faut \u00eatre sophistiqu\u00e9 sans \u00eatre hypocrite, pur sans na\u00efvet\u00e9, audacieux, bref il faut \u00eatre \u201cchic, raffin\u00e9\u201d, calme, ouvert d\u2019esprit tout en renfor\u00e7ant un attrait \u201csensuel\u201d. Pour utiliser un mot contemporain, c\u2019est \u201ccool ou classe\u201d. L\u2019Iki peut s\u2019appliquer aussi bien \u00e0 une personne, \u00e0 une situation ou \u00e0 un objet.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Yoshiwara<\/h3>\n\n\n\n<p>Outre la politique, il y a un autre aspect que l\u2019auteur du jeu n\u2019a pas os\u00e9 inclure dans IKI, c\u2019est <em>Yoshiwara <\/em><strong>(\u5409\u539f)<\/strong>, ce qui pourrait passer pour un sacril\u00e8ge aux yeux des historien-nes ! Yoshiwara (aujourd\u02bchui appel\u00e9 Ningy\u014dch\u014d &#8211; \u4eba\u5f62\u753a) \u00e9tait un quartier de bordels et de plaisirs d\u00e9sign\u00e9 comme banlieue par le shogunat, bord\u00e9 de plus de 250 maisons closes et qui aurait compt\u00e9 plus de 3 000 prostitu\u00e9es. Yoshiwara \u00e9tait entour\u00e9 de foss\u00e9s et de murs et n&rsquo;avait qu&rsquo;une seule entr\u00e9e et une seule sortie pour l&rsquo;isoler du monde ext\u00e9rieur.<\/p>\n\n\n\n<p>Les prostitu\u00e9es du rang le plus \u00e9lev\u00e9, les <em>oiran <\/em><strong>(\u82b1\u9b41)<\/strong>\u00a0\u00bb ou <em>tay\u016b<\/em><strong> (\u592a\u592b)<\/strong>, ne pouvaient m\u00eame pas \u00eatre rencontr\u00e9es \u00e0 moins d&rsquo;\u00eatre all\u00e9 plusieurs fois au bordel et d&rsquo;\u00eatre digne de confiance. On dit que la visite d&rsquo;une oiran co\u00fbtait l\u2019\u00e9quivalent de plus de 30 000 \u20ac en \u00e9quivalent contemporain. Pour les gens du peuple, c&rsquo;\u00e9tait un prix \u00e9lev\u00e9 \u00e0 payer. Les prostitu\u00e9es \u00e9taient form\u00e9es aux arts et \u00e0 la culture tels que le <em>shamisen <\/em>(\u4e09\u5473\u7dda, instrument japonais \u00e0 trois cordes), la calligraphie, le <em>waka <\/em>(\u548c\u6b4c, po\u00e9sie japonaise) et le <em>chanoyu <\/em>(\u8336\u306e\u6e6f, c\u00e9r\u00e9monie du th\u00e9). Comme souvent d\u00e9peint dans les estampes ukiyo-e, elles \u00e9taient \u00e9galement celles qui faisaient la mode \u00e0 Edo.<\/p>\n\n\n\n<p>Yoshiwara n&rsquo;\u00e9tait pas seulement un lieu de divertissement, mais aussi une source de culture et de mode \u00e0 Edo. Le quartier semble \u00e9galement avoir servi de salon culturel o\u00f9 se r\u00e9unissait l&rsquo;avant-garde de la culture d&rsquo;Edo et o\u00f9 se d\u00e9roulaient des \u00e9v\u00e9nements hauts en couleur, tels que des r\u00e9unions de po\u00e9sie, des spectacles de calligraphie, de peinture et de musique, ainsi qu&rsquo;un lieu o\u00f9 les artistes Ukiyo-e et les m\u00e9c\u00e8nes pouvaient interagir les uns avec les autres.<\/p>\n\n\n\n<p>Les riches ma\u00eetres qui fr\u00e9quentaient Yoshiwara appr\u00e9ciaient l&rsquo;esprit du \u00ab\u00a0Iki\u00a0\u00bb. Lorsqu&rsquo;ils se rendaient dans les bordels, ils s&rsquo;habillaient de kimonos \u00e0 la mode et profitaient du temps qui passe de mani\u00e8re d\u00e9tendue, sans se montrer obs\u00e9d\u00e9s, m\u00eame s&rsquo;ils avaient des pens\u00e9es \u00e9videntes. Un homme bourru, sans pr\u00e9tention et sans raffinement ne pouvait \u00eatre appr\u00e9ci\u00e9 des prostitu\u00e9es. M\u00eame s\u2019il ne l\u2019a pas inclus dans son jeu, <strong>Koota Yamada <\/strong>dit qu\u2019il est certain que Yoshiwara existe en tant que part d&rsquo;ombre dans le d\u00e9cor d&rsquo;IKI.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>En conclusion&#8230;<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>Arriv\u00e9s \u00e0 la fin du 13\u00e8me mois du calendrier lunaire, en vigueur au Japon pendant l\u2019\u00e8re Edo et qui rythme les parties de <strong>Iki<\/strong>, cet article arrive \u00e0 sa fin. Le r\u00e8gne de la famille Tokugawa a dur\u00e9 pendant 260 ans, une p\u00e9riode pendant laquelle fut men\u00e9e une politique isolationniste (<em>sakoku <\/em><strong>\u9396\u56fd <\/strong>en japonais, ce qui veut dire \u201cle pays cadenass\u00e9\u201d). Le Japon est rest\u00e9 quasiment ferm\u00e9 \u00e0 toute visite ou influence \u00e9trang\u00e8re pendant l\u2019\u00e8re Edo, un \u00e9tat de fait qui commencera \u00e0 changer en 1853, quand l\u2019exp\u00e9dition am\u00e9ricaine militaire et diplomatique men\u00e9e par le commodore Matthew Perry accoste au Japon avec ses navires de guerre \u00e0 vapeur. Le shogunat entre en \u00e9bullition, confront\u00e9 \u00e0 un manque de gestion de crise et \u00e0 une politique \u00e9trang\u00e8re inepte. La longue p\u00e9riode d&rsquo;isolement se termine finalement, signifiant que le commerce avec les pays \u00e9trangers commence. \u00c0 partir de l\u00e0, le Japon plonge dans la p\u00e9riode turbulente de la fin de l&rsquo;\u00e8re Edo et de la restauration Meiji\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Iki<\/strong>, c\u2019est en tout cas un jeu plong\u00e9 dans son th\u00e8me jusqu\u2019\u00e0 l\u2019utilisation de nombreux termes japonais dans sa r\u00e8gle, tout comme notre chronique en \u00e9tait aujourd\u2019hui truff\u00e9e ! Un jeu qui d\u00e9coule m\u00eame tr\u00e8s directement de l\u2019Histoire qu\u2019il tente de d\u00e9peindre, comme l\u2019a expliqu\u00e9 son auteur <strong>Koota Yamada<\/strong>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Iki est un jeu de Koota Yamada, illustr\u00e9 par David Sitbon. 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